Bonjour, Bonjour, 

Je ne suis pas aussi assîdue que je devrais l'être sur le blog... J'ai bien conscience qu'il faille écrire régulièrement pour ne pas perdre ses lecteurs. Mais j'écris avant tout pour moi et mettre des articles sans intérêts, simplement pour "être suivie" non merci. Bref... 

J'avais envie de vous parler de mon insularité aujourd'hui. Car vivre sur Belle-Ile va devenir un luxe. Certains ne le savent pas mais la vie sur la bien nommée ( et sur la plupart des îles en général) est plus chère qu'ailleurs. C'est un peu comme vivre dans une capitale.  La marchandise est plus chère, les loyers sont plus chers, l'immobilier est hors de prix, le bateau va devenir plus cher. Car ça grogne fortement en ce moment sur le caillou. En effet, la compagnie qui gère les transports maritime revoit ses tarifs et prévoit des hausses.  Des hausses qui ne suivent pas le coût de la vie, des hausses décidées par des bureaucrates n'ayant aucunes conscience de ce que c'est de vivre sur une île.  Des hausses mettant en péril le commerce local, les petites entreprises et la vie des insulaires. Mais aussi les touristes et les résidents secondaires. 

On constate depuis plus de 10 ans que la fréquentation touristique sur Belle-Ile a changé. L'on voit majoritairement ( je n'en fais pas une généralité) de grosses voitures sortir du bateau à l'arrivée des vacances. 4x4, berlines, immatriculées 92,78,75 mais aussi de plus en plus, des plaques Suisses, Anglaises et Belges. Je ne suis pas en grogne contre ces gens-là. Ils participent à la vie locale de l'île par l'achat des biens immobiliers etc etc.  Mais ils ne sont que de passages dans " leurs petits coins de paradis".

Mais je constate également, qu'il y a de la pauvreté sur mon île. Une pauvreté grandissante. Et cette pauvreté, vit à l'année sur l'île. Ces gens là, sont  pour la plupart saisonniers ou en emploi précaire. Car trouver un emploi à l'année c'est un parcours du combattant. On ne peut pas en vouloir aux chefs d'entreprises bellilois d'être frileux à recruter à l'année. Eux aussi ont des craintes, des fins de mois difficiles et des bilans comptables serrés. 

La question du logement est réellement problématique aussi. Tellement de maisons aux volets fermées, ouvertes deux semaines par an. Tellement de propriétaires avides de fric qui loue leurs maisons de septembre à juin, puisse chassent les locataires pour louer plein pot l'été. Et empocher un maximum de fric. Pas ou peu de logements sociaux alors que les demandes explosent dans les 4 mairies insulaires.  Et devenir propriétaires ? Les banques insulaires ne font pas dans le social. Elles sont comme toutes les banques continentales. Frileuses à l'idée de prêter de l'argent pour réaliser son rêve. Et en même temps, quel Bellilois peut se permettre aujourd'hui d'acheter des biens vendus à plus de 350 000€ ? 

Quand je questionne mon entourage, l'on me répond souvent : " j'ai vécu 3 ans en mobil'home, sur un terrain". " Je loue une maison humide, pas isolée". " Je loue une maison plus de 800€ car ce sont les prix ici, les propriétaires qui consentent à louer savent bien que la demande est forte et ils en profitent". Là aussi, le côté social est mis de côté. (Là aussi il y a des exeptions et des propriétaires honêtes louant à des prix raisonnables, mais j'en ai pas rencontré beaucoup).

J'ai bien conscience que ces problèmes peuvent s'étendrent à la France entière. 

Alors quand je vois les reportages sur TF1 ou sur les chaînes nationales, ventant le côté paradisaique de Belle-Ile ça me fait doucement rire. Car si le paysage est splendide, la réalité au quotidien l'est beaucoup moins. On s'étonne de voir la jeune population belliloise ( dont je fais partie) quitter Belle-Ile pour une vie meilleur sur le continent. Mais Belle-Ile, aujourd'hui, n'est pas (ou plus) un paradis pour la jeunesse et les petites retraites. Ca va prochainement devenir un caillou doré où seuls une population aisée pourrra s'implanter, consommer et profiter de ce " petit coin de paradis".

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